Mercy-le-Haut et Boudrezy
En 1811 la commune de Boudrezy est rattachée à la commune de Mercy-le-Haut. Mais avant cette date, les deux villages sont indépendants et chacun à son histoire. Avec le concours de Jean-François Dalmard fondateur de l’Association Histoire et Patrimoine de Mercy-le-Haut et Boudrezy, partons à la découverte de quelques étapes de leur passé historique.
Voisins distants d’à peine un kilomètre, ils ont connu depuis des siècles les mêmes guerres, les mêmes épidémies, les mêmes lois, et les mêmes coutumes. Dès le 11 ème siècle les habitants de Mercy-le-Haut et Boudrezy sont de la seigneurie de Mercy dont le château est situé sur le ban de Joppécourt.
En 1282, le Comte de Bar et Roger de Mercy affranchissent à la loi de Beaumont leurs villages de Mercy-le-Haut, Boudrezy, Mercy-le-Bas, Xivry-le-Franc et Higny. C’est à ce moment la que prend naissance, la circonscription féodale dite ″des Cinq Villes ″ qui fera partie des terres communes sous la double suzeraineté des Comtes de Bar et Ducs de Luxembourg jusqu’en 1602 où elle sera par voie d’échange incorporée dans la Lorraine.
Le 23 février 1766, le vieux duc Stanislas Leszczynski meurt. Conformément aux conventions fixées avec les gouvernements de France et d'Autriche, la mort du duc entraîne le rattachement définitif de la Lorraine au royaume de France.
A la Révolution, Mercy-le-Haut est érigé en chef lieu de canton comprenant les communes de Bazailles, Boismont, Boudrezy, Fillières, Joppécourt, Mercy-le-Bas et Ville-au-Montois.
Mercy-le-Haut et Boudrezy passent sous l’organisation de l’AN III (1794-1795) dans le canton de Circourt puis en 1802 dans celui d’Audun-le-Roman.
C’est sous l’Empire que Boudrezy a été rattaché à Mercy-le-Haut, le 9 avril 1811. Napoléon, Empereur des Français, sur le Rapport du ministère de l’Intérieur décide que la commune de Boudrezy, arrondissement de Briey, département de la Moselle, est réunie à celle de Mercy-le-Haut, sous la réserve que la jouissance des biens particuliers des deux communes continuera d’être séparée. La municipalité de Boudrezy est supprimée, ses registres et papiers seront transférés aux archives de la Mairie de Mercy-le-Haut.
Après la défaite de 1870, Mercy-le-Haut qui était du département de la Moselle, est rattaché le 7 septembre 1871, au nouveau département de la Meurthe et Moselle.
Aujourd’hui, la commune a intégré la région Grand-Est, département de Meurthe-et-Moselle, canton du Pays de Briey.
Du point de vue religieux, les deux paroisses étaient étroitement liées, dépendant de l’évêché de Trèves, de l’archidiaconé de Longuyon et du doyenné de Bazailles. Après la Révolution elles sont rattachés au diocèse de Metz jusqu’en 1870 puis à au diocèse de Nancy. A Mercy-le-Haut la paroisse est vouée à Saint Salvin, évêque de Verdun, quant à l’église de Boudrezy, elle est placée sous le vocable de la Décollation de Saint Jean-Baptiste.
Aujourd’hui la paroisse Saint-Marc de la Pienne, érigée par Monseigneur Jaeger le
1er septembre 1997, fait partie du secteur pastoral de l’Orne.
Origine du nom
Mercy et Boudrezy sont des noms de lieux d’origine latine que l’on peut situer à l’époque Gallo-romaine ou attribuer aux Gallo Francs qui avaient adopté le latin. Il n’existe aucune donnée écrite sur l’origine du nom de ces villages. Ils se sont peut-être formés autour d’une villa fondée par un riche propriétaire qui leur a laissé leur nom.
Mercy-le-Haut
La première mention du nom de Mercy apparaît en 636, sous la forme de Marciaco, dans le testament du diacre Grimon. En 1157 dans son histoire du Luxembourg, Berthollet la cite Marceium. Au 14ème siècle, quand la langue française prenait ses marques, la désinence latine eium, était devenue ey. On retrouve ainsi Mercey en 1358, dans le cartulaire de l’abbaye de Villers Bertnach. Au 17ème siècle, ey s’était changé en Y, une évolution confirmée dans un dénombrement de 1680 produit pour Monsieur le Baron de Mercy pour ses terres situées au village de Marsy-le-Haut.
Après la Révolution, Mercy-le-Haut sera sa forme définitive.
Boudrezy
Le cheminement étymologique reste pratiquement identique à celui des villages ayant la même terminaison.
En 1570, une visite canonique mentionne la présence d’une église, Cappella Brudreseyo.
Le 2 juin 1681, dénombrement pour Baudrezy.
En 1756 Dom Calmet dans son histoire de la Lorraine cite Boudrexy.
On retrouvera au cours du 19ème siècle quelques variantes ;
Boudressy en 1817, Boudrisy en 1825 et Boudrezy sous sa forme définitive.
Et comment s'appellent les habitants du village ?
Et bien avant 2025, ils n'avaient pas de nom.
On s'appelait “les Mercy”, ou “les Boudrezy”, ou encore avec les surnoms “historiques” des habitants des 2 hameaux, les “Capounets” pour les habitants de Mercy, et les “Gayots” pour ceux de Boudrezy.
En 2025, pour combler ce manque, les habitants ont été invités à proposer des idées de noms qui seraient ensuite soumises au vote de l'ensemble des habitants.
Une trentaine de noms ont été proposés, et une pré-sélection de 4 a été réalisée, toujours conjointement avec les habitants.
Tous les habitants, dès 7 ans (il fallait savoir lire et écrire :-D ), ont alors pu participer au vote.
Depuis lors, nous sommes :
MERZYEN / MERZYENNE
Les armoiries du village
Jusqu’à la Révolution de 1789, 
Mercy-le-Haut et Boudrezy étaient de la seigneurie de Mercy
qui portait aux armes "D’or à la croix d’azur"
En 1932, Albert Lebrun natif de Mercy-le-Haut est élu Président de la République.
La commune conserve le blason des Mercy dans lequel elle incorpore le faisceau de licteur surmonté de la hache, symbole de la République Française.